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Grand maître des volutes virtuoses au saxophone, compositeur aventureux qui écrit ses albums comme d’autres élaborent une suite, musicien lyrique capable d’éviter toute mièvrerie, le talent de Joe Lovano force le respect. Des deux côtés de l’Atlantique, sa sonorité brute et son inventivité déconcertante ont semé un vent de folie dans le jazz de ces vingt dernières années : entre son trio avec Bill Frisell et Paul Motian, son ensemble à vent ou sa collaboration avec Henri Texier, Joe Lovano est resté fidèle à lui-même, c’est-à-dire, toujours changeant.
Crédit Photo : D.R.
Il est à peine en âge de sortir du berceau (il est né en 1952) que son père saxophoniste lui dévoile tous les secrets de l’instrument et lui apprend à reproduire les solos de Dexter Gordon ou Gene Ammons ! A 15 ans, il tape le bœuf avec Sonny Stitt et Dizzie Gillespie! Autant dire que Joe Lovano n’a pas choisi d’être musicien : il est quasiment né saxophoniste. Ce qui ne l’empêche pas, à 18 ans, de rentrer à la Berklee School of Music de Boston pour parfaire sa technique. Là, il découvre le jazz modal et l’œuvre du dernier Coltrane pour laquelle il se passionne. A partir de 1976, il se lance dans une carrière de musicien d’orchestre, sa sonorité dure et sèche, réellement percutante, convenant particulièrement aux grandes formations. Trois ans chez Woody Herman, deux ans chez Mel Lewis puis une série de tournées américaines et européennes dans le Carley Bley Band. Plus, ça et là, évidemment, de nombreuses jam-sessions avec Elvin Jones, Lee Konitz, Charlie Haden, Dave Holland, John Scofield ou Bob Brookmeyer. L’expérience et la maturité aidant, le jeune prodige décide alors de se poser un peu et de prendre le temps de découvrir de nouveaux horizons. Au début des années 1980, il forme avec Paul Motian et Bill Frisell un des trio les plus créatifs de cette période. Pour élargir ses frontières musicales, Joe se tourne également vers l’Europe : en 1985, il intègre le quartet d’Henri Texier. Une fructueuse collaboration débute alors, de leur premier album en 1987, Paris Bâtignolles (avec Louis Sclavis, Jacques Mahieux et Philippe Deschepper) jusqu’au magnifique Izlaz-Colonel Skopje, « Choc jazzman » et « diapason d’or » en 1996 (avec Aldo Romano et Steve Swallow). Parallèlement, il monte outre-atlantique son propre sextet (le Universal Language Sextet) qui rassemble notamment le pianiste Kenny Werner, les trompettistes Tom Harrel et Tim Hagans, le contrebassiste Anthony Cox et le batteur Billy Hart. Il enregistre pour cette formation de nombreux albums chez Blue Note qui connaîtront un grand succès tout au long des années 1990. Il continue par ailleurs de se produire en concert avec de nombreux autres musiciens et s’impose comme l’un des meilleurs saxophonistes de cette fin de millénaire.
Voir : Henri Texier, Michel Portal, Aldo Roman.
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