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L’île de la Réunion est une île arc-en-ciel où se mêlent toutes sortes d’ethnies et de traditions (malgaches, cafres, indiens, musulmans, chinois, malabars, petits blancs, …). Ce mélange, né d’une histoire douloureuse (importation et exploitation des esclaves) a enfanté une population métissée où plusieurs nations se mélangent en harmonie. Le maloya est une musique qui réunit l’ensemble de ces traditions autour d’une poésie très imagée et d’instruments traditionnels variés. Zarboutan fait partie de ces groupes qui contribuent à la survivance et à la vulgarisation de cette musique. A travers ses complaintes, il décrit la vie réunionnaise, avec ses joies et ses peines… pour que les traditions ne sombrent plus dans l’oubli.
Crédit Photo: Philippe Dupuich
C’est dans la mouvance de la reconnaissance du Maloya, à la fin des années 1970, que Franck Mangue, chanteur et Kayamb, crée le groupe Bamaba Kreol avec son grand Dalon Herman Virandriken, « rouler » et « tambouryer ». Dès l’origine, le groupe s’inspire de la Réunion profonde et de ses multiples revendications : Maloya Kabarer, Maloya Maroner, Time Blues Maloya. Malgré une rapide reconnaissance locale, le groupe a du mal à survivre. Ce n’est qu’à la fin des années 80 qu’il commence à bénéficier d’une aura grandissante, parallèlement à l’essor de la World Music dans le monde occidental. Le groupe s’agrandit et finit par rassembler sept garçons musiciens et chanteurs, et trois filles, choristes et danseuses. Zarboutan (mot qui désigne la grosse poutre de bois noir qui soutient la charpente d’une maison créole) est créé en 1987. Il commence par enregistrer une cassette en 1990 avant de pouvoir signer un CD en France, pour Label Bleu en 1996. Dans la lignée des Granmoun Lélé ou de Danyel Waro, Zarboutan perpétue une mémoire historique (via l’esclavage) et sociale (les plus démunis) occultée jusqu’à ces dernières années à la Réunion : celle qui fonde les rites et les fêtes des fameux « services Kabarés » qui permettaient aux esclaves exilés de communiquer avec les morts et les anciens.
Voir aussi : Firmin Viry ; Granmoun Lélé.
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