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Il est un de ces compositeurs qui s’aventurent sur des sentiers escarpés, en cultivant un goût particulier pour l’inconnu. En atteignant des sommets de discrétion, Daniel Goyone n’a de cesse d’inventer et de reconstruire son propre langage, en s’affranchissant des structures harmoniques et rythmiques habituellement utilisées. Il en résulte une musique claire, douce et cristalline, qui laisse délicatement remonter à sa surface la complexité de l’écriture. Les compositions, d’une subtile élégance, exhalent une fraîcheur délicate et révèlent des mélodies raffinées, qui capturent d’emblée l’oreille. PO.T.
www.danielgoyone.com
Il est l’un de ces compositeurs aventuriers qui savent cultiver le goût de l’inconnu sans tomber dans l’exubérance tapageuse. Avec une remarquable discrétion, Daniel Goyone bouscule les références et invente son propre langage. «Quand je compose», explique-t-il, «j’essaie toujours de me déprendre de toutes les structures harmoniques et rythmiques qui sont utilisées habituellement. J’utilise différents systèmes pour créer une constante ambiguïté qui donne l’impression que l’on est à la fois en majeur et en mineur alors qu’en fait, on est dans ni l’un ni l’autre. Sur le plan rythmique, j’utilise beaucoup de rythmes harmoniques. En fait, je passe mon temps à mettre du rythme dans l’harmonie et de l’harmonie dans du rythme». Une fois ce travail digéré, les idées peuvent apparaître. C’est ici que l’intuition joue son rôle. «L’intuition est aussi importante que la réflexion». Ceux qui seraient tentés d’en rester aux expérimentations rapides et aléatoires, rebutés par la théorie – Daniel Goyone a écrit plusieurs ouvrages théoriques de référence – commettraient une sérieuse erreur. Ils se priveraient en effet du plaisir si délectable de se plonger dans une musique claire et transparente comme de l’eau de roche. Car la complexité de l’écriture permet toujours de refaire surface. Elle donne aux compositions une subtile élégance, une fraîcheur délicate qui capture immédiatement l’oreille. «Je fais particulièrement attention à ce que le travail technique ne soit pas perceptible. Et je suis bien souvent surpris de voir que les musiciens, au moment où ils la jouent, trouvent que ma musique est facile, alors qu’elle remet en cause toutes sortes d’habitudes et d’automatismes». Avant de s’embarquer dans ses expérimentations, Daniel Gyone a débuté sa carrière en jouant dans des bals et progresse, de rencontres en rencontres. Il accompagne alors, notamment, Georges Moustaki, Nicole Croisille et Claude Nougaro. Du jazz à la musique africaine en passant par le jazz-rock et la musique brésilienne, il traverse toutes sortes d’univers. C’est au début des années 80 qu’il se laisse emporter par sa passion pour la composition. «Un jour», se souvient-il, «bien que j’avais déjà composé quelques trucs, j’ai eu l’impression, en écrivant une pièce, que j’avais découvert quelque chose de différent. C’était une sensation très intérieure. J’ai compris à cet instant que ma vie basculait». Daniel Goyone commence alors à se produire en live et en studio avec son propre groupe. Cinq albums s’enchaîneront. Il s’entoure de musiciens de haut-vol, poussés par la même passion du défi et de l’invention. Certains d’entre eux le suivront pendant plusieurs années : Marc Berteaux par exemple, bassiste rigoureux et précis qu’il a rencontré en 1978 ; Trilok Gurtu également, percussionniste né à Bombay, qui possède l’art et la manière de fusionner jazz et musique indienne et collabore régulièrement avec lui depuis 1985. Mue par une même exigence de qualité acoustique, leur musique vous parle immédiatement. Claire et limpide, elle est un trésor de plaisirs indicibles.
D’après Patrick Labesse.
Voir : David Linx ; Richard Galliano.
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