Ils sont sept, ont à peine 30 ans et déjà les dents longues. Avec un look de banlieusards havanais (survêtements, tresses rastas et casquettes à l’envers), les comparses du groupe Asere (prononcez «acéré», «mon pote» en argot local) prennent un malin plaisir à bousculer la musique des papys cubains pour lui redonner une nouvelle jeunesse.
Mais attention : nul iconoclasme derrière cette attitude : plutôt un sain respect de la tradition qui permet de s’appuyer sur le passé pour créer du nouveau. Tout en reprenant les tonalités du «Son» fixée dans les années 30, avec guitare, tres (petite guitare à trois cordes doubles), contrebasse, cuivres et percussions, leurs compositions ainsi que leurs reprises de morceaux méconnus, révèlent une grande originalité, faite d’exubérance et de modernité. Manifestement, les jeunes loups ne jouent pas pour les touristes. N.T

Crédit Photo : John Hollis.


Les sept habaneros se sont rencontrés à la suite d’une proposition d’engagement aux Canaries. Le projet est tombé à l’eau, mais une nouvelle formation était née. Elle aura par la suite plus de chance. En 1996, John Hollis, le manager anglais de la diva colombienne, Toto La Momposina, est de passage à La Havane. Il reçoit une invitation du groupe pour assister à l’une de leurs répétitions. Une parmi tant d’autres : le manager sur-sollicité est un peu réticent, mais accepte tout de même de s’y rendre. Et là, la sauce prend. John est immédiatement séduit par la démarche : reprendre contact avec la terre des ancêtres en évitant tout passéisme, toute nostalgie béate. Le résultat est détonnant, étonnamment créatif. De retour en Europe, il convainc Label-Bleu-Indigo avec une cassette pourtant très mauvaise. L’énergie était là. Le premier album est enregistré très vite, avec l’équipe habituelle de Toto. Sous le charme, la chanteuse colombienne leur a suggéré le nom du groupe : Asere, qui signifie «mon pote» en argot havanais, une façon de souligner l’esprit de convivialité et de fête qui se dégage de leur musique.
Pour leur premier disque, Cuban Soul, les jeunes Cubains ont pris le parti de s’inspirer du «Son» brut d’un Arsenio Rodriguez qui fit fureur dans les années 40. Hommage à la tradition, cet album transcende le temps et s’inscrit résolument dans le présent. La puissance et le souffle sont là, dans une radicale actualité.
Le second n’est pas la répétition du premier. Asere sait innover tout en continuant de respecter le passé et de revendiquer un héritage. Citons les très modernes Yo soy el son (qui donne son nom au disque) et Tengo ganas, composées par Adan Pedroso, leader fondateur d’Asere. Adan s’y inspire de La Nueva Trova dans laquelle il a grandi (mouvement musical populaire à Cuba dans les années 60 et 70, dont les représentants les plus connus sont Pablo Milanes et Silvio Rodriguez), tout en enrichissant sa sonorité d’harmonies jazz et de rythmes salsa.

Voir aussi :
Estrella de la Charanga ; Magaly Bernal.


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Fax: 44 1225 319 229
E-mail: admin@astarmusic.co.uk
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