A l’image de sa contrebasse, Henri Texier est un pilier, un repère planté au milieu du jazz européen. Après un début de carrière fulgurant, à la fin des années 1960, aux côtés des géants américains du be bop comme Bud Powell, Donald Byrd, Dexter Gordon ou Kenny Clarke (alors qu’il n’a pas vingt ans !), et une série d’Unit plus inventifs les uns que les autres dans les deux décennies qui suivirent (avec François Jeanneau, Daniel Humair, Michel Portal, Aldo Romano, Louis Sclavis, Bernard Lubat, Didier Lockwood, etc.), Henri Texier a prêté dans les années 1990 sa sonorité chaude et son talent de mélodiste aux jeunes mousquetaires de l’improvisation, bien décidés à croiser le fer.
Avec lui, les Bojan Z, Tony Rabeson, Julien Lourau, Noël Akchoté ou Sébastien Texier peuvent s’en donner à cœur joie, la basse toujours profonde et juste du maître assure les arrières.
N.T.

Crédit Photo : Guy le Querrec


Henri Texier découvre le jazz à l’âge de 12 ans. Très vite, il abandonne le piano pour la contrebasse. En 1962, Jef Gilson le remarque et l'engage pour enregistrer aux côtés de Jean-Luc Ponty, Jean-Louis Chautemps, Michel Portal et François Jeanneau. Mais, c'est grâce à Daniel Humair que Henri Texier pourra se faire entendre pour la première fois dans les grands clubs parisiens, en accompagnant Bud Powell, Kenny Clarke, Johnny Griffin, Bill Coleman...

De 1965 à 1968 :

Attiré par l’avant-garde, il joue avec Don Cherry et forme son premier Quintet Free-jazz. Simultanément, il accompagne Lee Konitz, Dexter Gordon, Booker Ervin, Art Farmer, Art Taylor, Johnny Griffin... Texier rencontre Phil Woods et devient membre de l'European Rhythm Machine avec D. Humair, G. Grunitz, puis Gordon Beck. Avec ce merveilleux Quartet, il parcourt l'Europe de Stockholm à Barcelone, de Paris à Berlin, de Londres à Montreux, de Rome à Varsovie, participant à tous les grands festivals et notamment celui de Newport (USA).

De 1971 à 1979 :

Il forme avec Aldo Romano et Georges Locatelli le groupe Total Issue. Après deux ans de cette enrichissante expérience, il quitte le groupe et devient free-lance. Tour à tour, il fait partie du Trio J-L Ponty, du Piano Conclave de G. Grunitz avec Joachim Kuhn, Martial Solal... Surtout, Texier étudie d'autres instruments (oud et percussions) qui complètent la voix de la contrebasse. En 1975, il enregistre deux albums en Solo : Amir et Varech. En 1979, il constitue un trio à cordes avec J-Charles Capon (violoncelle) et Didier Lockwood (violon) et enregistre un troisième album : A Cordes et à cris avec G. Beck, A. Romano, J.C Capon et D Lockwood. A cette même époque, il retrouve Michel Portal et participe à divers festivals en sa compagnie.

De 1980 à 1981 :

Henri Texier crée un nouveau quartet avec Philippe Deschepper (guitare), Louis Sclavis (anches) et Bernard Lubat (drums). Il multiplie par ailleurs son champ artistique :
-Musique du film d'Alain Bonnot : Une sale affaire, musique d'une série de télévision Akagera avec D. Humair et F. Jeanneau;
-Direction musicale, assisté de Melaine Favennec du festival de Jazz e Breizh au château de la Roche-Jagu (Bretagne);
-Rencontre avec le cinéaste Franck Cassenti. Il devient acteur pour le téléfilm Deuil en 24 heures (au générique : Alain Cuny, R Bohringer, H. Virlogeux...);
-Avec Michel Portal, il improvise en duo, sur des chorégraphies de Viola Farber pour les ballets contemporains d’Angers.

De 1982 à 1985 : Jacques Mahieux remplace B. Lubat au sein du Quartet Texier.
-Tournées en Orient avec le trio Humair, Jeanneau, Texier (Liban, Syrie, Jordanie, Qatar , Bahrein, Emirats Arabes Unis et Inde);
-Enregistre un album avec son quartet La Companera ;
-Tournées en Yougoslavie, participe à de nombreux festivals et représente Radio France pour l’Union des Radios Européennes à Pompéi (Italie);
-Avec L. Sclavis, M. Portal et Jean-Pierre Drouet, participe au spectacle De l'eau dans le Jazz du photographe Guy Le Querrec, durant les rencontres internationales de photographie Arles 1983 ;
-Avec le trio Humair, Jeanneau, Texier, il se produit aux festivals de Bombay et New Delhi, en Inde. II accompagne J. P. Drouet au palais de Chaillot à Paris.
-Tournées avec L. Konitz et M. Solal en Italie. Avec Portal, il joue au festival de Montréal et Québec (Canada).

De 1985 à 1988:

-Festival Jazz et Musique populaire de Fort de France (Martinique); -Au Festival de Paris, Henri Texier invite à venir rejoindre son Quartet Joe Lovano et Steve Swallow;
- Festival de Nîmes, création pyrotechnique Doucement les Basses, avec le Henri Texier Quartet et S. Swallow, J. Lovano, Howard Johnson, la Banda Don Balthazar et le groupe d’artificiers Ephemère .
-Participe au spectacle de Richard Bohringer à Marne La Vallée;
-Tournées en France du Henri Texier Transatlantik Quartet, avec Lovano, Swallow, Romano;
-En Quintet, tournée en Turquie et Irak (Bagdad);
-Festival du Mans: création Sax and Bagad avec le quartet, plus J. Lovano, Kenny Wheeler, Dewey Redman, ainsi que le Bagad de Quimperlé;
-Festival de Banlieues Bleues avec K. Wheeler, D. Redman, J. Lovano et A. Romano;
-Création du collectif Zhivaro avec Claude Barthélemy, Gérard Marais, Jacques Mahieux, Sylvain Kassap et Didier Levallet .

De 1989 à 1990 :

-Tournées au Japon avec le Henri Texier Quartet
-Festival du Mans: Oktokaleidoskop, création d'un double Quartet avec Paul Motian, Bill Frisell, J. Lovano, K. Wheeler, S. Swallow, A. Romano et J. Abercromnie;
-Festival d'Amiens : participe à l'album Live de J. Lovano
-Festival d'Ibiza (Espagne), Fête de l'Humanité avec le collectif Zhivaro.
-Festival de St Denis (93) : création autour des chants révolutionnaires français du Carmagnol’s Band avec J. Mahieux, C. Barthélemy, G. Marais, A. Romano, L. Sclavis, D. Redman ;
-En 90, tournée en Afrique (Tchad, Congo, Gabon, Cameroun, République Centre Afrique, Guinée Equatoriale) en Trio avec A. Romano, L. Sclavis, photographies par G. Le Querrec.
-Festival de Bruxelles en Trio avec Alain Jean-Marie et A. Romano, enregistre un disque avec ce Trio The Scene is clean;
-Tournée au Japon du Henri Texier Quartet
-Festival de Glasgow (Ecosse), Festival de Jazz en Touraine (Swallow, Redman, Romano);

En 1991 :

Henri Texier compose :
-La musique d'une pièce de théâtre Divertissements Touristiques de Noëlle Renaude, mise en scène par Robert Cantarella ;
-Une musique jouée "live" accompagnant la projection du film "pages arrachées au livre de Satan" de Carl Th. Dreyer;
-Tournées en Angleterre avec le Sextet de Dewey Redman, en Norvège, Danemark, et Hollande en trio avec A Jean-Marie , A. Romano, en Espagne et Portugal en trio avec Glenn Ferris et A. Romano, en Ecosse et Angleterre en trio avec Eric Barret et A. Romano;
-Festivals: Amiens, Uzeste, La Seyne sur Mer, Aiguillon s/Lot, Ramatuelle, Douamenez, Rabastens, Angoulême, Atina (Italie)
-Festival de Paris avec Phil Woods et la European Rhythm Machine
-Création avec Guy Le Querrec et Louis Sclavis Œil de Breizh pour le festival de Rennes Les Tombées de la nuit.


En 1992 :

Henri Texier crée son nouveau Azur Quartet avec Bojan Zulfikarpasic (piano), Glenn Ferris (trombone) et Tony Rabeson (drums).
Il compose pour Jean-Louis Bertucelli la musique des Téléfilms : Momo et Pognon sur rue.

En 1993 :

Il enregistre un nouvel album An Indian's week avec son Azur Quartet auquel participent L. Sclavis et M. Portal. Tournées en Afrique de l’Ouest du Trio Romano-Sclavis-Texier (Côte d'Ivoire, Sénégal, Mali, Burkina-Faso, Niger, Mauritanie, Ghana… ), toujours photographiés par G.Le Querrec. En mai 1993, il est invité à New-York au Village Vangard pour jouer une semaine avec Joe Lovano, Kenny Werner et Aldo Romano. Spectacle Jazz comme une Image de Guy Le Querrec aux Rencontres Internationales de la photographie d’Arles.

En 1994 :

Avec son Azur Quartet :
-Tournées en France au cours desquelles il invitera Noël Akchoté, Michel Portal et Louis Sclavis, puis tournées en Allemagne, en Amérique Centrale et Caraïbes (Mexique, Cuba, Costa-Rica, Jamaïque, St Domingue, Martinique et Trinidad) ;
-Festivals: Banlieues Bleues, Le Mans, Coutances, Angoulême, Albi, Halle That Jazz, Paris-La Villette, Luz St Sauveur, Clusone (Italie), Crest, Aiguillon s/ Lot, Villars Sur Ollon (Suisse), Mulhouse, Perpignan, Nancy Jazz pulsations, Groningen (Hollande), Limoges, Grenoble, Elbeuf, Francheville, Karlsruhe (Allemagne) ;
-Spectacle de photographie : Le Querrec Jazz comme une image à Banlieues Bleues ;
-Compose et joue avec L. Sclavis la musique du spectacle Ainsi de suite, chorégraphie de Mathilde Monnier et Viola Farber pour le Festival de Danse de Montpellier;
-Compose la musique du Dictionnaire du Diable : pièce de théâtre, mise en scène par Nordine Lahlou (avec Philippe Faure, Daniel Znyk et Cécile Backes);
-Compose et enregistre la musique du film Le cri du Cœur de Idrissa Ouedraogo
-Enregistre Sarajevo Blues pour le disque Sarajevo Suite en compagnie de Sébastien Texier (sax-alto), N.Akchote, B. Zulfikarpasic et T. Rabeson (les fonds recueillis seront utilisés à la reconstruction de la bibliothèque de Sarajevo).

En 1995 :

-Création du Henri Texier Sonjal Septet avec S. Texier, J. Lourau, F. Corneloup, N. Akchote, B. Zulfikarpasic, J. Mahieux ;
-Enregistrement de son nouveau disque Mad Nomad(s) avec ce septet et Tony Rabeson.
-Avec l’Azur Quartet : il anime une résidence dans la Somme et à la Maison de la Culture d’Amiens.
-Tournées en France, en Allemagne, en Belgique, Egypte, Syrie, Israël
-Festivals de Groningen, La Haye, Stavanger, Montreal, avec L. Sclavis et A. Romano
-Enregistrement avec Romano et Sclavis de l’album Carnets de Routes, accompagné d’un livret de photographies de Guy Le Querrec

En 1996 :

Avec les Henri Texier trio, quartet, Sonjal septet ou Mad Nomads :
-Tournées en France, festivals de Glomel, Cité de la musique, Vienne, Hôtel d’Albret, Parthenay, Assier, Mulhouse, Cluny, Fête de l’Huma, Jazz sur son 31, Jazz en Limousin, Jazz en Auvergne, Francheville, Castre, Olivet …
-Tournée en Roumanie en Quintet avec Claude Barthélemy, Norbert Lucarain, Sébastien Texier et Jacques Mahieux
Avec le Trio Romano/Sclavis/Texier :
-Festivals de Millau, Souillac, Ribeyrac, Saalfelden, Jazz en Touraine, Angoulême, Nancy Jazz Pulsations, Tourcoing, Berlin.
Avec Jazz comme une image, le spectacle photographique de Guy Le Querrec : festivals de Grenoble, Le Mans, Coutances, Amiens.
A l’invitation du contrebassiste canadien Michel Donato, il joue au festival de Montreal, en compagnie de Charlie Haden.

En 1997 :

Avec ses propres groupes : Mad Nomads, Sonjal Septet, Quartet (Texier, Rabeson, Zulfikarpasic) :
-il tourne en France, participe aux festivals de Nancy Jazz Pulsations, de Paris Parc Floral, d’Albi, de Grenoble, d’Amiens, …, il anime des résidences à Rennes, Dôle, Sceaux, …
Avec Jazz comme une image, en compagnie de Portal, Sclavis et Drouet, se produit en France et en Italie.
Avec le trio R, S, T :
-3ème tournée en Afrique (Ethiopie, Rwanda, Ouganda, Kenya, Afrique du Sud, Namibie, Mozambique), en Europe Centrale (Belgrade, Budapest, Ljubljana, Salzburg), en France (Crest, Vannes, La Villette), …
-Participe au disque de Jacques Pellen, en compagnie d’Eric Marchand et Paolo Fresu.
-Créé avec les comédiens Philippe Faure et Daniel Znyk la pièce de théâtre Nuit Pâle au Palais, écrite par Catherine Anne (Poitiers, théâtre de la Bastille, …)

En 1998 :

Avec ses groupes Azur Quintet, le Quartet, Sonjal Sextet, Mad Nomads, Respect (Lee Konitz, Steve Swallow, Paul Motian) :
-Il tourne en France et participe aux festivals Banlieues Bleues, Jazz sur son 31, Cordes Parallèles, Tremplin Jazz Avignon, La Seyne sur Mer, Europa Jazz Le Mans, …
-Au Japon, en Norvège.
Avec le R, S, T :
-Concerts en France, Allemagne, Espagne, Italie, Portugal, Angleterre, …
Avec Nuit Pâle Au Palais : tournée en France
-Invité par Franco D’Andrea au festival de Vicenza, en compagnie de Dave Liebman.
-Il obtient le Prix Boris Vian de l’Académie du Jazz pour son nouveau disque Mosaïc Man, en compagnie de l’Azur Quintet (Ferris, Texier, Zulfikarpasic, Rabeson).
-Le cinéaste Claude Miller choisit la musique du disque An Indian’s Week pour son film La classe de neige (prix du jury au festival de Cannes 98), musique de film nominée pour les Victoires de la Musique 1999.

En 1999 :

Avec le Henri Texier Trio (Texier et Rabeson), il crée, lors du Festival International du Film d’Amiens, la musique originale d’un ciné-concert autour du film de Jean-Louis Bertuccelli : Remparts d’Argile
Avec ce même trio, il se produit en France et en Italie.
Avec l’Azur Quintet : tournées en France (La Villette, Nevers, Coutances), en Hollande (North Sea Jazz Festival).
Avec le R, S, T, tournées en France, Danemark, Norvège, Belgique.
-Concert à la Cigale à l’occasion de la sortie de son nouvel album Suite Africaine, accompagné d’un livret de photographies de Guy Le Querrec.
-accompagne Aldo Romano à Hong-Kong.
-Participe à Paris (Péniche-Opéra) au spectacle de théâtre-musical : Private Joke, écrit et interprété par Norbert Letheule.

En 2000 :

Avec l’Azur Quintet et avec le Ciné-concert Remparts d’Argile, il se produit en France, en Belgique, en Allemagne, en Italie, au Portugal, à Hong-Kong…
Avec le R, S, T, il joue en France (Olympia, Vienne, Parc Floral), en Allemagne, au Portugal, au JVC Jazz Festival de New York.

HOLY LOLA

Bertrand Tavernier connaissait-il cette phrase de Francis Marmande pour définir la contrebasse : « la voix de mon père et le corps de ma mère... » ? Totalement in situ, pour la plupart des contrebassistes de jazz, graves et graciles à la fois. Totalement à propos pour la quête d'une adoption. Donc Henri Texier, tout contre et très bassiste. L'autorité d'un « grand patron », comme on en compte sur les doigts d'une seule main dans le paysage du jazz en France ; l'épaisseur sensible d'un homme de son temps, témoin et acteur, conjointement créateur et conscient de son héritage. Avec « Holy Lola », Henri Texier n'en est pas à ses débuts pour des musiques « de », « sur » ou « avec » le cinéma. De l'imaginaire qui lui fit composer la sublime ballade Simone Signoret pour l'album « An Indian's Week » en 1993, à la deuxième vie donnée aux « Remparts d¹argile » de Jean-Louis Bertuccelli, par la musique jouée live en trio durant la projection, Henri Texier n'a cessé de penser sa musique comme le déroulement d'images en mouvement. Avec un sens de la mise en espace qui fait que souvent ses albums sont construits comme des films. Avec des personnage (la mélodie, le son) et leurs rapports (l'interactivité des musiciens, essentielle au jazz), une dramaturgie (la tension de l'improvisation et des solos), une mise en scène (les arrangements), des décors (des effluves d'autres continents ou des racines celtiques), des lumières (des tempos tamisés ou des murmures d'aube naissante)...
Pour « Holy Lola », Henri Texier a dû simplement pousser l'expérience un peu plus loin. D'abord parce que la collaboration avec Bertrand Tavernier a été extrêmement complice : beaucoup d'échanges en amont du tournage, une vraie réflexion sur les couleurs instrumentales. Le choix de juxtaposer le Strada Sextet d'Henri (lui-même à la contrebasse, Gueorgui Kornazov au trombone, François Corneloup et Sébastien Texier aux saxophones et clarinettes, Manu Codjia à la guitare et Christophe Marguet à la batterie) et le premier cercle de la famille musicale de Louis Sclavis (Louis aux clarinettes, Dominique Pifarély au violon, Vincent Courtois au violoncelle, Bruno Chevillon à la contrebasse et François Merville au Marimba)auquels se joint le percussioniste Francis Pichon. Henri Texier et Louis Sclavis sont compagnons de route de longue date. Et Louis avait composé la musique de «Ça commence aujourd'hui », l'avant-dernier film de Bertrand Tavernier. Les amis de mes amis... Tout naturellement.
Ce qui fut moins naturel pour Henri Texier, ce fut la nécessité d'échapper à la tentation de l'exotisme du Cambodge, exactement comme s'y est refusé le réalisateur. Le jazz eut été incongru. Les codes des musiques de suspense aussi... Deux clés ont été trouvées par Henri. La première dans les musiques populaires cambodgiennes, pas dans les musiques savantes de cour, davantage documentées par les musicologues : elles ont une omniprésence rythmique, par les tambours, qui scande un espoir. Et même si on n'entend explicitement ces tambours que dans le générique, ils sont là en filigrane et leur pulsation souterraine soutient constamment le discours musical. Cet élan rythmique fonctionne comme un moteur dynamique du film. La seconde clé vient des racines indiennes (et donc modales) de cette musique populaire cambodgienne: la musique de l'Inde est venue s'échouer ici à l'Est, comme elle est allée jusqu'en Andalousie à l'Ouest. Comme la plupart des jazzmen contemporains, depuis Miles Davis et John Coltrane, Henri Texier se sent comme un poisson dans l'eau avec la musique modale.

Ne restait plus qu'à mettre en lumière une tension musicale entre la pulsation contrebasse-batterie et les volutes de la clarinette, ou des autres instrumentistes. Une tension qui réalise un écho intime de celle qui naît de la quête. Progressant sur le fil d'un découragement qui guette et d'un espoir fragile.
Pas une musique de film : la musique du film.
Restait à en faire un disque de cela. Et là, Henri Texier est cohérent avec sa démarche de toujours : pas question de se contenter de publier la bande son. Il faut que cela s'écoute comme un vrai disque. Une série de plages additionnelles viennent s'y insérer, comme autant de visions personnelles du film par les musiciens. Leur façon de le traiter comme un thème sur lequel improviser. Incorrigiblement jazzmen !



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Pays: France
Nom: LMD Productions/Maïté
Tél: 01 48 57 51 48
Fax: 01 48 57 07 63
E-mail: maite@maitemusic.com
Site web: www.maitemusic.com
Adresse: 23, rue Parmentier
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