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crédit photo : Amin Toulors www.marcelkanche.com
Evitant depuis toujours les agitations festives, Marcel Kanche, auteur pour -M- (Qui de nous 2) et Alain Bashung ecrit du haut de ses cinquante ans un sourire paisible dans les rides, Vertige des lenteurs. Un chemin égaré, où l'on guette l’émotion, une lumière dans les sous-bois. Une musique simple, une voix juste, un enregistrement rapide et simple. Des compagnons Vincent Segal, Arnaud methivier...) habillés de la même étoffe dont le froissement est un plaisir. Artisan de cet opus, maçon satisfait et fier devant le mur de brique. Un mur droit et beau dont chaque joint de chaux est un horizon paisible. Marcel Kanche peut enfin écouter sa musique et le soir venant, se couche serein. Une nuit de rêve dans un sommeil profond, loin de tout bavardage le concernant.
La dernière fois que l’on avait croisé Marcel Kanche, il vivait dans une chouette maison du dix-huitième siècle au cœur d’un hameau du Loir et Cher, où il «redonnait de la vie aux vieilles choses», avec un disque logiquement baptisé Lit de chaux. On retrouve aujourd’hui Marcel avec un cinquième album à la lenteur vertigineuse, dans un vieux quartier de Niort, où il faut passer donjon solitaire et petit pont, afin de trouver la maison Kanche. Avec femme et enfants, il habite désormais dans les Deux-Sèvres, plus près de l’océan, dont ses yeux ont la couleur, vive et tranchante, comme ceux de Robert Wyatt ou de Samuel Beckett, auxquels la photographie de pochette en noir et blanc fait inévitablement penser. D’une maison en pierre l’autre, Kanche poursuit un parcours solitaire et atypique, en marge des lotissements suburbains de la chanson française. Pour ses cinquante ans, Marcel s’est offert une belle guitare digne de ce nom, alors qu’une jeune mandoline et un piano fidèle trônent dans une pièce à musique encore largement emballée. Marcel restaure, bricole et compose à un rythme qui lui est propre. « Ma vie représente un travail en soi ». Cette affirmation kanchienne n’est pas à prendre à la légère, chez un artiste qui emprunte à l’écrivain Eugène Savitzkaya les mots de Si je devais mourir, qui clôt ce nouveau recueil de douze chansons. Déjà extrêmement précis, son sens du détail s’est encore affiné. Il est ici question de «salamandres orphelines», d’«oiseaux lisses», de «lucioles oscillantes» et d’«étoiles qui s’effritent». Ses rimes aussi se sont enrichies, plus franches, plus sûres, matures. A l’instar des artistes qu’il admire aujourd’hui, Antony & The Johnsons ou Micah P. Hinson, Marcel sait donner à chaque mot une importance capitale, que ce soit dans son chant ou dans son accompagnement. Le piano, l’harmonium ou la guitare acoustique soulignent largement cette poésie du détail, rencontre du hasard et du silence. Comme ses amis francs-tireurs Arnaud Méthivier, présent à l’accordéon sur Nos armures, le songwriter Piers Faccini, à l’harmonica sur Jamais indemne, ainsi que le violoncelliste Vincent Ségal, Marcel publie aujourd’hui chez Label Bleu. Et grâce à l’ingénieur Philippe Teissier Du Cros, on entend aussi le son du studio d’Amiens sur Vertige des lenteurs, un disque nocturnal sur lequel il fait plein jour. Les fidèles John Greaves, à la basse, Mino Malan, à la batterie et Nicolas Pabiot aux claviers sont toujours en adéquation avec les paroles de Kanche, s’effaçant mais habitant totalement ses chansons, qu’il qualifie volontiers de « prototypes ». Des prototypes à la plénitude rare et intérieure que cet artisan du verbe peaufine depuis un demi-siècle, sans le moindre effort apparent que celui d’exister pleinement et d’être en harmonie avec lui-même. «Nous n’entendrons plus les non-dits» chantait jadis Marcel sur Ce poids. Réalisation de soi parfaite, ce Vertige des lenteurs rassemble une matière à la fois dense et légère, décalée et attachante, sincère et murmurante. A commencer par l’impressionnant Elle m’en veut, ces nouveaux morceaux sont du grand Kanche, celui qui serre la main chaleureusement, un vaste sourire illuminant un visage de poète habité. Florent Mazzoleni
Contacts
Agent
Pays: France
Nom: Didier Granet
E-mail: granet.3@free.fr
Site web:
Adresse: 14 rue de Bournazaud
87700 ST PRIEST SOUS AIXE
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