C'est en 1995 que le grand public découvre 3 drôles de vocalistes aux côtés de Steve Coleman: sous l'appellation "Metrics", Kokayi, Black Indian et Sub-Zero bousculent les habitudes des fans de l'artiste M-base. Imprégnés de cette formation de luxe, aguerris à toutes sortes de formules rythmiques, les trois compères ont laissé mûrir leur musique jusqu'à former leur propre combo: OPUS AKOBEN comme nom de guerre, l'ensemble des musiques noires comme horizon, l'album sonne comme une immense lune de miel entre la soul music et le hip hop.

Crédit Photo: Kimberly C. Gaines


Le hip-hop que défend Opus Akoben est avant tout une arme. Une arme contre les poncifs figés et érigés par un milieu trop souvent renfermé sur lui-même. Une arme forgée dans une vaste culture musicale et une revendication identitaire forte.
C’est à Washington D.C. qu’il faut se plonger pour retracer l’itinéraire des trois voix du groupe, Carl Walker (aka Kokayi), Terence Nicholson (aka Sub-Z) et Joshua Culbreath (aka Black Indian). En 1994, Toni Blackman et Monty Taft fondent la Freestyle Union, une sorte de workshop permanent dédié à " l’élévation de la rime ", où l’on bannit toute forme d’agression physique ou verbale. Hormis cette précieuse et intangible règle, on y guète l’inventivité, la liberté, la performance et l’émulation. Kokayi et Sub-Z se retrouvent donc au sein du cercle des initiés (cipher). C’est une aide mutuelle que s’apportent les participants, un concept que les fondateurs de l’Union aiment imposer à la vie de tous les jours de ces artistes en herbe. Chaque freestyler rebondit sur les mots prononcés par son prédécesseur et les deux frères de rimes sont parmi les premiers à attirer l’attention. Leurs flows (manière de poser les mots sur la musique), leurs discours et leurs improvisations claquent ! Et lorsque le saxophoniste Steve Coleman se met en quête de rappeurs pour son projet Metrics, on lui indique notamment ces deux phénomènes. Après une tournée européenne en 1994 -leur première- le projet d’enregistrement live au Hot Brass se concrétise en mars 1995. Pour compléter le duo de vocalistes, le saxophoniste débauche le jeune Black Indian –un véritable diamant brut âgé de seize ans à l’époque- et le balance dans le chaudron expérimental parisien. Le résultat est à la hauteur du challenge puisque cette rencontre entre le rap et le jazz reste encore aujourd’hui l’une des plus convaincantes.
Dans la foulée de cette formidable aventure, Opus Akoben signe son premier disque –Art War- en leader pour BMG France. Une réalisation prometteuse où l’on peut entendre quelques perles comme Don’t Run, Art of War, God / Devil et Cross Fade. Il est alors temps d’aller se nourrir ailleurs, de découvrir d’autres textures sonores pour qu’à chaque rencontre le fruit de leur travail soit encore plus riche, plus dense, plus affiné et plus personnel. Black Indian fait un carton en l’an 2000 avec son album Get’Em Psyched, paru chez MCA et dans lequel participe le légendaire Biz Markie. Sub-Z clame ses textes imbibés d’ésotérisme avec le pianiste cubain Omar Sosa (Sentir / Otà Records, 2002) tandis que Kokayi se joint au groupe du pianiste Andy Milne (New Age of Aquarius / Contrology Records, 1999) et produit la chanteuse new-yorkaise Vinia Mojica. Ces projets, partie apparente de l’iceberg, masquent le travail de fond abattu par ces aventuriers. Sans cesse à l’écoute de nouveaux sons, ces griots des rues arpentent les studios, les petites salles de concerts et les écoles pour rester en contact avec le monde réel, celui dont ils sont issus, celui dont ils parlent. Pas question de tomber dans l’ego trip défendu par une grande partie du show-business hip-hop ! Pour continuer à " élever la rime " et le débat, il faut garder les pieds sur terre. C’est à ce prix que leurs textes et leurs revendications demeurent aussi tranchantes et reflètent à tel point des réalités bien tenaces.
Ce sont donc trois artistes accomplis qui débarquent dans les studios amiénois de Label Bleu en décembre 2001 pour enregistrer leur nouvel album. Pourquoi un label de jazz ? "
Car cela nous donne davantage de liberté et que nous connaissons bien Pierre (Walfiz) ! " s’exclame Kokayi. Et le débat sur la cohésion artistique entre les choix du label et la musique produite par Opus Akoben s’arrête net. Selon Sub-Z, " notre but ultime est de fonctionner avec l’esprit d’innovation qu’est censé véhiculer le hip-hop ". L’innovation, n’est-ce pas là un thème revendiqué de manière récurrente par les jazzmen et autres têtes chercheuses du microcosme artistique ? C’est donc tout naturellement que le flûtiste maison Magic Malik les a rejoint sur l’un des thèmes les plus marquant du disque, Place to Place. Et que le reste du groupe s’applique à construire une base solide et stimulante pour ses trois leaders. Depuis quelques années, tous ces " sidemen " ont écrit l’histoire Opus Akoben, ce qui explique en grande partie l’unité sonore et la cohésion entre les quatorze chansons et le seul titre instrumental, Metro : Paris. Le guitariste Stan Cooper, le bassiste Ezra Greer, le batteur Jay Nichols et le DJ John Ashford (aka Ayce international) viennent de Washington. Les liens et les passerelles entre les différents univers évoqués sont multiples, il suffit de les découvrir les uns après les autres. Une photographie qui fige à un instant crucial le résultat des recherches menées par ces scientifiques du hip-hop.
Et à la vitesse où ils avancent, mieux vaut ne pas rater la marche !



Contacts

Agent
Pays: États-Unis d'Amérique
Nom: Sooya Arts / Michaela Mayer
Tél: 646 698 4820
Fax: 646 698 4822
E-mail: management@sooyaarts.com
Site web: www.sooyaarts.com
Adresse: 310 riverside Dr., Suite #501
10025-4121 New York, NY



 
 
 
 
 
 
 
 
© 2003 Label-Bleu - Tous droits réservés
  Les musiques et les vidéos sont au format Real Player One
[Téléchargement Gratuit]

Réalisation du site : Le Studio Mondomix